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 Lettre à la future maman que j'étais il y a deux ans...

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-Phebee-
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MessageSujet: Lettre à la future maman que j'étais il y a deux ans...   Jeu 29 Sep 2016, 22:31

study  Lettre à la future maman que j'étais il y a deux ans study



J'aurais voulu avoir tort.

Mais oui, tu auras raison. Ce sera une galère pour le faire garder, même en ayant obtenu l'impossible et rarissime place en crèche.
On mettra des heures à organiser nos plannings, on devra adapter notre travail, changer nos horaires, faire des détours.
On aura moins d'argent, moins de temps, plus de stress.
L'idée de se barrer en week-end sur un coup de tête sera un vieux souvenir.
Les vacances, une organisation para-militaire.

J'aurais voulu qu'on me prévienne.

Personne ne m'avait dit que ce serait si dur. Certains biberons la nuit seront presque insurmontables.
Certains pleurs insupportables. Parfois, l'espace de quelques secondes tu te demanderas qu'est-ce que t'as fait comme connerie.
Avant t'étais bien, tu prenais ton petit dej à midi et tu décidais d'aller au cinéma au dernier moment.
T'avais besoin de 5 secondes pour sortir de chez toi.
Ton manteau, tes clés et la monnaie pour le pop-corn salé.  

Avec lui tu te réveilleras parfois à 3 heures du matin à cause des pré-molaires qui sont en train de percer,
tu achèteras des potions magiques homéopathiques à la pharmacie en priant pour un miracle et tu deviendras pro en massage des gencives.
T'apprendras même à mesurer le degré de pousse des dents du bout de tes doigts.
Il te faudra une organisation de deux semaines pour prévoir une soirée, et quand tu sortiras de chez toi, tu devras compléter une check list longue comme le bras, vérifier si le sac à langer est bien chargé avec des couches, des lingettes, des cotons, du liniment, un jouet au cas où, et un change de secours.
Mettre tes affaires et ses affaires.
Tes chaussures et ses chaussures. N'oublie pas la tétine.
Et l'attache-tétine. La poussette. Les clés. Le bonnet. 10 minutes plus tard, il pleure, t'es en sueur, tu claques la porte un trousseau de clé dans la main et un trousseau de clé derrière la serrure.
Tu te retrouves coincé dehors, parce que la clé ne tourne pas si sa jumelle est derrière.

J'aurais voulu savoir.

Tu ne le verras pas beaucoup. La semaine surtout.
Tu vas penser à lui la journée, être crevée au moment de le retrouver, essayer de jouer un peu pour lui faire plaisir, quand même regarder ton portable de temps en temps, le coucher à 20h et une fois qu'il dormira, tu te diras qu'il te manque.
Penser à lui, encore.
S'endormir. Et chaque jour recommencer.

On aura jamais le temps, jamais le fric, jamais la force.
Mais on s'était dit un truc tout fait, pour se rassurer, "une fois qu'il sera là, on se débrouillera". C'était vrai.
D'ailleurs, c'est pas de la débrouille, c'est pire que ça, c'est de la révolte, parce que tout ce qui comptait avant n'a plus d'importance, que le monde se met à tourner dans l'autre sens, que toutes les priorités basculent, la priorité, c'est lui, tout ce que tu fais, c'est pour lui.
Avant -dans ton imaginaire- le bébé est un paramètre de ta vie. Quelque chose à gérer en plus. Une fois qu'il est là, tu te rends compte qu'il a juste donné un sens à tout ça. Et que tu n'avais rien compris avant.

Personne ne m'avait dit non plus que j'aimerais quelqu'un plus que moi.

Que les attentats ne me feraient jamais aussi peur, maintenant que je m'occupe de la vie de quelqu'un d'autre.
Que l'état du monde ne m'inquièterait jamais autant, maintenant que j'ai porté une âme de plus sur Terre.
Que pour la première fois de ma vie je me demanderais si je suis quelqu'un de bien et tous les jours je ferais en sorte de pouvoir répondre oui.
Commencer à penser aux autres parce que j'ai compris que je n'étais pas seule.
Prendre conscience des 7 milliards, maintenant que lui est là.
Aimer la vie, pour de bon.

J'essaie de le faire rire tous les jours, au moins une fois.
Je lui fais des câlins, pour qu'il sache comme il est aimé.
Je l'embrasse, pour qu'il sache comme il est précieux.
Je l'applaudis à chaque petit exploit, pour qu'il n'oublie jamais sa valeur.
Je lui dit que je l'aime tous les soirs, avant de dormir, dans le creux de l'oreille.
Au fond de moi j'espère qu'il me pardonne d'avoir crié, d'avoir été fatiguée, d'avoir regardé mon portable quand on jouait.
Quand je lui parle, il appuie sa tête contre mon épaule.
Je mets mon nez dans son cou, je sens l'odeur la meilleure du monde, je lui répète comme je l'aime.
Et on reste comme ça. Quelques minutes hors du temps.
Je balance tout doucement, comme si on dansait un slow.
Il finit par relever la tête, me regarder, sourire avec sa tétine, et se coucher.
Je crois qu'il m'a pardonné.

A la future maman d'il y a deux ans.
Ne réfléchis pas trop, tu ne peux même pas imaginer.

geek Fonce. C'est tout.
geek
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